Libre Choix: Famille Liberté et Justice pour tous!

Libre Choix: Famille Liberté et Justice pour tous!

FEMME LIBRE: Fiction Pro Choix. (Texte court.)

 

 

 

Un texte qui montre une femme libre et qui veut mener sa vie comme bon lui semble dans un monde où deux puissances se font face, les destructeurs anti choix et les humanistes pro choix, le patriarcat et l'égalitarisme!

 

 

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FEMME LIBRE.

 

 

 

 

 

Kyana, vingt-sept ans, yeux d’argent tel deux superbes joyaux étincelants, foncés et joliment nuancés, une femme renarde aux avants bras noirs se dégradant en marron foncé puis vers la couleur orange vive de sa fourrure rousse. Le ventre blanc, son air espiègle, sa douceur apparente et sa gentillesse, tout la faisait resplendir et rayonner.

 

Elle dansait sous une musique style gothique un peu hard rock mais encore assez calme. La pièce, le salon, était assez grande, sobrement décorée et ornée de quelques tableaux qu’elle peignait à ses heures perdues et retouchait en suite avec un logiciel après les avoir scanné. Ils représentaient souvent des portraits de visages humains, ou des nus.

 

Sa maîtrise des ombres, des contours et des formes connaissait peu d’égal et elle arrivait à vendre quelques unes de ses créations. L’abstrait était plus son hobby que de faire des humains comme elle. Divers éclairages, diverses lumières, parfois plusieurs versions d’un même tableau, tous faits à la main, au crayon épais ou au critérium pour les détails fins, chacun était une création unique.

 

Elle se surpassait, c’était une artiste dans l’âme, une femme vivante et humaine. La cuisine aussi lui plaisait du fait d’être une forme d’art et de création mais aussi un plaisir durant le repas. Pour elle il valait mieux se faire plaisir en mangeant que manger pour vivre. L’homme avec qui elle dansait paisiblement appréciait beaucoup sons côté espiègle, joueuse, sa vivacité et son exotisme de part sa nature chimérique.

 

Elle lui sourit gentiment, avec tendresse et affection, tendant ses fines mains à son amoureux, du moins un homme humain ordinaire, l’invitant à venir danser plus près d’elle. Il vint voir sa douce, plus grande que lui de dix centimètres. Elle mesurait un mètre soixante dix-huit. Il lui posa une simple question qui provoqua sa foudre en dépit du fait d’être ensembles depuis un an et ce sans avoir eu de véritable problème.

 

–Tu comptes faire un enfant un jour ?

 

Sa réponse fut sans appel. Elle partit d'un pas nonchalant arrêter la musique qui n’était pas forte, se tourna, un regard courroucé. Il comprit son erreur, sachant qu’elle l’avait prévenu mais la tentation fut trop grande et il demanda l’impossible, croyant qu’avec un peu de temps et d’habitude elle finirait par accepter. D’un simple geste en détournant la tête avec colère, elle lui dit de partir, montrant la direction à prendre, la porte d’entrée de son domicile.

 

–Dehors !

 

–Attends ce n’est pas…

 

–Dégages ! Je t’avais pourtant prévenu, pas d’enfants avec moi ! C’est hors de question ! Casses-toi !

 

–... très bien, si tu le prends comme ça…

 

Il s’en alla, prenant ses affaires, faisant exprès d’oublier son écharpe qu’elle lui jeta au visage pour bien lui faire comprendre qu’elle avait compris sont petit manège. Kyana voulait rester libre, sans enfants dans les pattes, même si d’un autre côté elle adorait leur compagnie elle n’en voulait pas pour autant. Son animosité et son agressivité soudaine envers cet homme pouvaient se comprendre. Elle n’avait aucune envie d’entendre parler d’un projet de faire un petit avec quelqu’un même par « amour. »  

 

Si on l’aimait vraiment on devait la respecter et respecter son choix, sa vie. S’ils voulaient des enfants ils n’en auraient pas avec elle et feraient mieux de s’en aller plutôt que de rester bêtement à ses côtés ! Par amour il devait accepter son choix ou partir. Celui-là visiblement n’y comprenait rien. Les nerfs tout excités, elle décida de partir en chasse l’espace d’une soirée, prendre du bon temps pour une fois et pas avec une personne qu’elle connaissait un minimum. Kyana se sentait libre de faire ce qu’elle voulait de son corps et avec qui elle le désirait. Personne n’avait rien à lui dire, c’était sa vie et elle la menait à sa guise.

 

Comme toutes les femmes de sa nation elle contrôlait sa fertilité, étant donc stérile pour de bon et pour toujours (du moins en théorie car une erreur pouvait toujours survenir mais c’était relativement rare, très rare.) Elle se vêtit d’une ample robe noire en toile fine, de talons plats et bas, d’un soutien-gorge en toile également fine qui ne donnait pas de formes mais les laissait s’exprimer et elle enfila des bas noirs arrivant jusqu’en haut des cuisses. Ce soir la chimère n’avait pas pu se faire plaisir et elle détestait les frustrations. Machinalement elle partit vers son frigo pour aller prendre une tranche de bon saucisson.

 

Elle mâcha longuement, avec appétit et délectation, sentant les jus gras mais agréable sous sa lange et la délicieuse viande salée. Les hommes religieux, ces sexistes la traitaient de monstre pour toutes sortes de raisons. Sa nature de chimère contre nature, le fait qu’elle contrôlait son corps et qu’ainsi elle n’était plus soumise aux hommes et leur volonté salace, à des grossesses obligatoires et répétitives, c’était inconcevable pour eux et ils ne pouvaient le tolérer ou même le permettre. Les barbares de leur « sainte religion » voulaient un retour aux femmes au foyer, aux « hommes de la maison » et à la reproduction comme des bêtes sans libertés. Ils aspiraient ardemment à un immonde système patriarcal généralisé sur Terre.

 

Elle était libre et ne voulait pas être enchaînée et encore moins qu’on la réduise à l’état de d’esclave d’un corps qu’elle voulait contrôler ! Pour eux  il fallait se reproduire, on ne « faisait l’amour » que pour concevoir et rien d’autre sinon c’était de la dépravation, de la débauche, selon ces êtres infectes. Ils parlaient alors de « fornication » sans jamais rien comprendre ce qu'étaient les sentiments et désirs humains. Leur vision primitive était une insulte pour elle, pour les êtres humains libres, pour la liberté individuelle et le bon sens. On devait être libre de s’aimer à sa guise sans qu’un être obscur ne vienne interférer.

 

Kyana était dégoûtée par ces bêtes répugnantes et malfaisantes qui la montraient du doigt sur son espèce, sur ce qu’elle était et sur sa liberté de femme fière d’être née ainsi, d’être née chimère, d’être venue au monde avec ce don suprême de contrôler son corps et sa vie, avec cette bénédiction sacrée. Parce qu’elle pouvait engendrer si elle en avait envie et qu’elle ne le voulait pas ils la jugeaient comme ils en jugeaient tant d’autres à tort et à travers. Ils l’insultaient « d’égoïstes qui pense à son confort personnel » avec leur pensée unique aux lois iniques, meurtrières et destructrices !

 

Mais pensait-elle: « Plutôt mourir que de céder ma condition de femme libre pour une condition d’esclave, d’animal et « de chose pour l’homme! » Non, elle s’assumait très bien parfaitement, elle vivait dans son appartement avec son salaire, son loyer et ses factures. Elle faisait ses courses, sa cuisine, ses plats et choisissait ses hommes pour prendre du bon temps ou pour une vie de couple. La jeune femme préférait mourir libre que de finir enchaînée par ces espèces d’ignobles porcs selon ses termes.

 

Mais elle n’avait toujours pas trouvé quelqu’un qui lui plaisait vraiment, une personne qui partagerait réellement des choses avec elle. Dans un sens la créature restait seule et ça la grisait. C’était une femme de vingt-sept ans absolument formidable, pas imbue d’elle-même mais personne ne lui plaisait, ou plutôt, lui personne ne lui convenait. Ce soir était le siens, comme d’autres avant celui-ci et comme d’autres par la suite sans doute. Parce que selon des êtres primitifs sous évolués une femme avait été faite pour « enfanter » elle ne devait donc pas pouvoir choisir et se soumettre, ne «servir» qu'à «ça.» Elle devait obéir à leur soit disant « loi naturelle », cette horreur inventée pour justifier la destruction et l'humiliation des femmes, de les briser sans pitié. C’était une abomination qu’il fallait dénoncer et éradiquer.

 

Elle devait «enfanter» ou plutôt «pondre» comme une machine, comme ce pourquoi elle avait été faite selon eux et leur vision primaire, dégradante et insultante envers les femmes. Elle ne ressentait que dégoût de tout cela, de si peu de considération à son égard et de bafouer sa liberté, n’aspirant qu’à faire sa vie comme bon lui chantait. La jeune Kyana finit son bout de saucisson, sortit de chez elle et ferma à clés. Qu’on vienne la montrer du doigt sur sa «différence» l’insupportait.

 

Athée, elle en était fière et s’en ventait sans gêne. Elle prit les escaliers après avoir fermé la porte de son appartement, habitant au deuxième étage de son immeuble à l’écart du centre ville et non loin d’une boîte de nuit. L’idéal pour la jeune hybride mi-femme mi-renarde qui aimait « chasser » et rapporter du « gibier. » Elle faisait toujours connaissance avec les hommes mais cette fois Kyana n’en avait pas envie.

 

Seulement quatre cents millions de personnes vivaient libres, les autres étaient asservis par des forces sombres, des multinationales et des banques avides de pouvoir elles mêmes dirigées par des fanatiques religieux sexistes qui en plus condamnaient les homosexuels et les tuaient sans autre forme de procès. Soit disant des « déviants » selon eux. C'était une « abomination qu'il fallait dénoncer » selon ces monstres.

 

Mais les choses changeaient peu à peu. La nation libre que formaient dix-sept pays et trois corporations libérales sous leur tutelle et leur contrôle, était un bloc prospère contre un autre qui s’enfonçait et commençait à se livrer des guerres intestines, incapable de se gérer correctement. Elle ne comprenait pas pourquoi ils incitaient comme ça les gens à se reproduire comme du bétail. Ni le fait que l’on consomme tant et tant en jetant autant de choses alors que chez eux ils économisaient au maximum et faisaient le plus attention possible et recyclaient autant qu'ils le pouvaient.

 

La jeune femme renarde quitta son immeuble luisant de ses baies vitrées. Il faisait nuit sur une vaste berge qui fut autrefois une ville de ce qui avait été les Etats-Units. Les immeubles se succédaient de façon aléatoire et incertaine.

 

Elle avait juste trois cents mètres à faire pour parvenir à la boîte de nuit. Ce soir là était le sien, sa liberté, et elle en profiterait comme bon lui semblerait. La jeune femme marchait dans la vaste rue. Les voitures roulaient presque en silence de part les grandes voix de circulation. L’air n’empestait pas comme ce fut le cas les siècles passés où la pollution l’avait rendu difficilement respirable. On terraformait la Terre pour la rendre de nouveau viable avec des forêts et des animaux disparus auxquels on redonnait la vie.

 

La belle créature regardait parfois autour, percevant les gens qui circulaient librement sans gêne quelconque. Humains, chimères, ils se mélangeaient, avec parfois de couples mixtes. L’entrée de la boîte se présenta à elle, sobre, grande, deux gardes devant pour surveiller les lieux. Le premier était blond, origines chimère/humain, un beau métis au teint mat. L’autre était un humain ordinaire, peau ni claire ni mate, yeux bleus cheveux courts et colorés de rouge sur les pointes avec du gel. Ce dernier fit la bise à la jeune et belle créature.

 

–Quel bon vent t’emmène ? Tu viens chercher une proie ?

 

–Faut bien se faire plaisir de temps et temps… et puis, au point où j’en suis !

 

–Ah, je comprends, mais ne baisses pas les bras, tu trouveras…

 

–Oh, on n’a de cesse de me le dire, et ce depuis toujours, alors l’amour je n’y crois pas, c’est du pipeau pour endormir les jeunes et les naïfs. Les choses ne se passent pas de cette façon.

 

–Si tu le dis, à titre d’expérience personnelle, alors c’est vraiment cruel pour toi, une femme qui le mérite largement.

 

–Merci c’est très gentil (l’embrasse sur la joue) tu es quelqu’un de sympa.

 

Elle entra dans la boîte de nuit. Le fait qu’elle l’ait embrassée de la sorte ne relevait rien d’une relation plus qu’amicale mais plus d’un côté joueur et «gentil» qui l’animait. Elle n’aguichait pas, elle plaisantait, jouait et faisait passer ses sentiments d’amitié ou d’affection de la sorte, rien de provocateur en soit. Il le comprenait parfaitement et se sentait flatté qu’une telle femme ressente de l’amitié pour lui et en soit assez proche.

 

Elle était toujours comme ça, joueuse et joyeuse mais ce soir pour une des quelques fois de son existence elle se sentait mal. Mal parce qu’elle pensait ne pas trouver quelqu’un qui la comprenne  et qui puisse partager des choses avec elle. Mais à côté de ce sentiment de solitude elle allait très bien et sa tête restait en un seul morceau. Elle vivait sa vie et sa liberté dans une société et un système plus libres que tout ce qui avait existé auparavant sur Terre.

 

La lumière s’avérait limitée dans la grande salle principale avec en annexe autour des coins pour discuter, boire un verre, se reposer... Les lumières se voulaient chaudes, épaisses, intenses, la musique heureusement pas trop forte ne lui déplaisait pas mais elle ne l’appréciait pas non plus. La foule dansait, gesticulait, se bousculait sur la scène. Les bars restaient souvent en partie peuplés de personnes désirant draguer, discuter ou boire un verre en toute tranquillité.  Elle cherchait tranquillement une cible, quelqu’un susceptible d’y aller pour ce soir mais ne trouvait rien.

 

Elle fit le tour de la piste, s’engagea, dansa de longues minutes mais ne trouva pas d’homme à sa convenance. C’est alors qu’elle perçut un coin d’ombre où une personne seule semblait étrangère à tout cela et sirotait une boisson avec insouciance. Elle se faufila discrètement, partant sur un côté en espérant qu’il ne l’avait pas remarqué. Il semblait trop ailleurs pour ça. La chimère humaine, ne se sentait pas gênée d’être parfois avec un homme pas très beau même au lit. Elle s’en fichait, tant qu’elle se faisait plaisir ou qu’il y avait aussi des sentiments cela lui convenait très bien.

 

Mais beaucoup lui demandaient si elle voulait d’un enfant, d’autres ne lui convenaient pas sur leur façon d’être, leur caractère ou autres choses encore comme le fait d’être possessif et jaloux. Elle parvint à lui, indiquant d’un air interrogateur un siège en face de ce dernier. Il eut l’air dérangé mais accepta malgré tout qu’elle vienne parler malheureusement il n’irait pas plus loin. La jeune femme s’assit en toute quiétude, sans gêne.

 

–Bonsoir, madame vous dégagez, mademoiselle pourquoi pas.

 

_C’est mademoiselle donc je reste. Je ne veux pas me prendre la tête ce soir, après si ça ne vous intéresse pas sachez que ça ne m’enchante pas énormément mais vue que je suis seule…

 

Il tendit le bras, montrant une direction du doigt, énervé et apparemment excédé. Elle comprit immédiatement et eut un sourire radieux. Voilà quelqu’un qui semblait être assez direct comme elle et qui ne prenait pas des gants, comme elle. Bien que pas spécialement beau, voir tout juste passable ou « potable » elle ne ressentait pas de sentiment de répulsion en particulier à son égard.

 

–Je vois… je peux me montrer patiente et faire connaissance vous savez…

 

–On tente de se justifier et de sauver les meubles ?

 

–Non, on tente de trouver quelqu’un qui nous ressemble, vous êtes direct, ça me plaît, au moins les choses sont claires et j’aime quand c’est comme ça.

 

–Je vois… que diraient ces abrutis qui vous verraient ici…

 

–Sans doute que je suis une fornicatrice mais ils n’ont jamais sus de quoi et de qui ils parlaient à tort et à travers !

 

–Vous croyez aux histoires d’amour ? Et au passage, ce ne sont pas des monstres pour rien ! Faut pas s’attendre à ce qu’ils puissent comprendre les humains, ils n’ont aucune humanité !

 

Elle sourit gentiment, comprenant que quelque chose pouvait commencer, mais elle ne voulait pas d’un échec comme avant, elle voulait prévoir les choses et posa la question fatidique.

 

–Vous voulez des enfants un non ? Je n’en veux pas, je ne saurais pas m’en occuper, je ne veux pas passer ma vie à ça et je veux être tranquille !

 

–Bienvenue au club ma chère ! En plus je vais me faire une bonne vasectomie pour vraiment être sûr du résultat ! Après c’est moi qu’on traite d’égoïste ! Et les cons qui font des gosses sans s’en occuper parce qu’ils sont trop abrutis pour s’en rendre compte, que d’inconscients médiocres ! Et ces religieux qui incitent à ça en plus, c’est dégoûtant !

 

–Je veux bien continuer de converser avec vous… et ce n’est certainement pas pour un soir sans lendemain ! Su je peux vous faire confiance et si vous voulez bien m’accorder votre confiance alors commençons par quelque chose pour apprendre à nous connaitre ?

 

–Bien… je n’ai rien mangé ce soir et je n’ai pas envie de cuisiner un truc ce soir… et vous ? Ce serait peut-être un peu… précipité, que de m’inviter chez vous au vu des circonstances.

 

–Bien, je n’ai rien mangé non plus… nous n’avons qu’à aller nous restaurer dans un bar restaurant surtout si vous aimez le bon vin. J’espère qu’aucun de nous deux ne sera déçu…

 

–Qui ne tente rien n’a rien, va pour le bar restaurant et le bon vin. Nous verrons bien par la suite, commençons par quelque chose, on verra où ça nous mènera…

 

Elle sourit, sentant qu’enfin la roue tournait et qu’il y avait peut-être un espoir de quelque chose, qu’elle finirait finalement peut-être par trouver une personne capable de la comprendre et qui serait la bonne pour partager a vie avec.

 



20/05/2014
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